Pourquoi ce nom ?

Parce qu’il parle de lui-même. C’est une injonction qui s’adresse d’abord à nous-mêmes et invite tous ceux qui le souhaitent, en dehors de toute considération politique, à faire de même. Il dit notre attachement à notre commune parce que si nous bougeons, c’est pour elle. Il suggère que si, tous ensemble, nous nous retroussons les manches, nous ferons du Vernet un endroit idéal pour l’épanouissement de nos enfants et petits-enfants et le bien-être de nos anciens.

D’où vient votre intérêt pour Le Vernet ? Qui êtes-vous ?

Je suis un être hybride ! Je ne plaisante qu’à moitié. Le Vernet, je l’ai connu dès que j’ai fait mes premiers pas. Mes arrières-arrières grands-parents paternels, Toulousains, avaient acheté une modeste maison pour pouvoir venir pêcher dans l’Ariège, très poissonneuse. J’y ai passé avec mes parents, mon frère et sœurs aînés les trois mois de vacances d’été jusqu’à mon adolescence. "La famille Alié revient avec les beaux jours", disait-on. Mes références vernétoises datent de cette époque. Pour moi, la laverie c’était l’épicerie de Mme Senseby et ses gros bocaux de bonbons, sur la place il y avait Rodolphe qui réparait les vélos, à côté là où il y a l’immobilière des Coteaux, Madame Pagès jouait du piano (faux) et le café d’alors était tenu par Madame Laffitte où mon grand-père (que je n’ai pas connu) avait ses habitudes avant la guerre. Je me souviens de M. Fournil et de son pendule, des Arribe qui vivaient dans le presbytère, de la ferme Menegaldo, rue de l’Ail, où ma mère m’autorisait parfois à aller chercher du lait (encore tiède avec quelques poils de vache en prime), une aventure. Il y avait les Bélinguier, Robert l’électricien et Claude le plombier (ils sont toujours là mais à la retraite), les Dotto et leur fille Beatrix avec qui je jouais, les Biral qui habitaient de l’autre côté de la rue, les Danesin père (du temps de mes parents) et fils (du mien) qui ont contribué à ce que la maison tienne debout, le Chalet (où se trouve aujourd’hui les Ecuries du Vernet) où nous allions nous baigner, etc.

Mais j’ai toujours vécu à Paris, j’y ai fait mes études, travaillé, fondé une famille. Journaliste au Monde pendant 15 ans, je suis ensuite partie au Mexique comme correspondante de Libération et du Nouvel Observateur pendant 5 ans. Je travaille désormais en indépendant et j’écris des bouquins. Du coup, je suis là de plus en plus souvent. Bref, je suis née à Paris, j’ai voyagé dans le monde entier pour mon boulot mais mes racines sont solidement ancrées au Vernet. J’assume ce dédoublement : à Paris, je suis Babette ; au Vernet je deviens Babé, et ça me plaît bien. Il y a là la maison de mon père dont j’ai hérité et où mon fils perpétue la tradition. Une maison qui a vocation à rester dans la famille encore quelques générations. Une maison de famille au sens propre du terme.

Avez-vous un signe particulier ?

Si l’on peut dire. Je ne suis jamais loin d’un petit chien blanc qui s’appelle Pepito.

Qui peut rejoindre le collectif ?

On ne peut être indifférent à la manière dont Le Vernet évolue ou peut évoluer. Cette initiative offre la possibilité à ceux qui le souhaitent de faire l’inventaire de ce qui va, de ce qui ne va pas, de ce qui peut être amélioré. C’est un outil démocratique supplémentaire à portée de tous. Quand on a dit ça, la réponse vient d’elle-même. Moi par exemple puisque vous ne me posez pas la question, ma pente naturelle m’entraîne vers la gauche mais ici, dans le cas qui nous occupe, il n’y a ni droite ni gauche. Seulement des citoyens du Vernet qui ont envie de s’exprimer, de réfléchir ensemble. Et plus nous serons nombreux et représentatifs de la population, plus notre travail de réflexion et les propositions qui en sortiront seront pertinentes.

Alors vous me demandez comment nous contacter. Nous avons une adresse mail : pourlevernet@bougeons-nous.net et un site sur lequel on peut directement manifester son intérêt. Des « tracts » ont été placés chez les commerçants. Ceux qui n’ont pas Internet peuvent remplir le tract et le déposer chez le boucher Peremarti par exemple, qui, sans faire partie du collectif, a accepté de faire suivre.

Qu’attendez-vous des personnes qui vous rejoindraient ?

Nous avons, Jean-Pierre et moi, donné le premier tour de manivelle pour lancer l’initiative. Elle rencontre déjà un certain intérêt puisque près d’une cinquantaine de personnes nous ont déjà contactés. Certaines sont déjà pleinement investies afin de permettre au collectif de se faire connaître et mettre en place des outils nécessaires à son développement. Il faut comprendre qu’un collectif est le rassemblement de personnes autour d’un objectif commun. Il n’y a pas de hiérarchie. La différence vient du degré d’implication de chacun. Alors oui, il y a un Bureau, garant moral de notre démarche, élément indispensable du bon fonctionnement du Collectif, qui informe, communique, organise, recueille, synthétise et tranche lorsqu’il y a lieu. Ce Bureau est actuellement composé de trois personnes. Les deux « fondateurs » et Olivier Lafourcade, informaticien, associé dès le début de cette aventure à la mise en place du projet, installé au Vernet depuis 1997 avec sa famille. La répartition des rôles s’est faite naturellement : mon profil professionnel et le fait que je suis à l’origine de la démarche et donc vigilante à ce qu’il n’y ait pas de malentendu sur son objectif font que j’en suis la porte-parole ; Jean-Pierre, et son esprit de synthèse et d’organisation en est le Secrétaire. Olivier est chargé du développement…

Bien évidemment, ce Bureau est appelé à évoluer. Par exemple, nous travaillons actuellement sur la constitution des groupes de travail autour de quatre grands axes : développement économique, social, culture, jeunesse et leurs déclinaisons respectives. Un représentant de chaque groupe sera invité à rejoindre le Bureau. Le Bureau est un rouage indispensable pour structurer les débats. Ce n’est pourtant qu’une coquille vide (bien que nous ayons nous aussi des idées). Cette coquille se remplira grâce aux contributions de chacun. Et au fond, le nombre de personnes à rejoindre formellement le Collectif est presque moins important que le nombre de celles dont nous aurons suscité l’intérêt pour cette démarche. Elles ont manifesté leur envie d'être informés de son évolution et peut-être, demain, souhaiteront y prendre une plus grande part. Dans un monde où le citoyen a le sentiment d’avoir de moins en moins prise sur la marche des choses, prendre conscience qu'on peut encore faire bouger les lignes au niveau local est un pas déterminant.

Pour résumer, trois niveaux d’implication : le Bureau dans sa forme actuelle ou évoluée. Les membres actifs qui ont envie de diffuser les idées du Collectif, de participer aux groupes de travail et à l’élaboration du projet. Et ceux qui pour l’instant veulent juste être informés sans faire formellement partie du collectif, des auditeurs libres en quelque sorte.
J’en profite pour lancer un appel à candidature si je puis dire. Chaque groupe de travail doit avoir un animateur(trice) qui mène et structure les débats, recueille les idées et les propositions. Ce n’est pas toujours évident d’être une dizaine autour d’une table sans que les discussions partent dans tous les sens (ce qui est un signe de créativité mais il faut aussi avancer). Que celui ou celle qui se sent capable par son expérience de jouer ce rôle de coordinateur, d’animateur, capable de synthétiser les propositions nous contacte. Mettez-nous un mot par mail et nous prendrons contact avec vous. Merci d’avance.

Prévoyez-vous une réunion publique pour vous faire connaître ?

Oui, nous envisageons une réunion publique dans le courant du mois de décembre. Avant cela, une réunion des personnes ayant manifesté leur intérêt pour notre démarche et donc pour participer à la mise en place des groupes de travail aura lieu début novembre. Nous informerons individuellement les personnes concernées de sa date exacte dès qu’elle sera arrêtée.

Il y a les échéances municipales en mars 2014, ce Collectif a-t-il vocation à se transformer en liste ?

Le Collectif, non. Ce n’est pas son objet mais sa création a forcément un lien avec cette échéance. C’est le moment ou jamais de réfléchir à notre avenir, aux problèmes qui peuvent se poser en raison de la densification de la population, les moyens de les anticiper... Et nous ne voulons pas réfléchir pour le plaisir de nous gratter la tête en chœur. Le Collectif est une boite à idées qui ont vocation à être prises en compte, à être appliquées.

Nous espérons parvenir à faire surgir des propositions innovantes, qui tiennent la route, une pensée construite, réfléchie, en un mot un projet de développement cohérent. Et si certains veulent le porter, c’est que nous aurons fait collectivement du bon travail.
Le point majeur est que nous devons nous concentrer sur la politique du village. Encore une fois, ce mouvement est un outil démocratique supplémentaire au service des citoyens. Et quand on voit l’accueil que cette initiative reçoit, on se dit qu’on ne s’est pas trompé. On sent l’envie des gens de pouvoir s’exprimer sur des sujets où le citoyen a encore la main : sa ville, son village, la route, les trottoirs, les choses de la vie courante, en somme. Prenons un exemple : je veux aller à Muret à la sous-Préfecture ou à la Clinique Occitanie pour un rendez-vous ou visiter quelqu’un et je n’ai pas de voiture. Eh bien, je ne peux pas y aller. Pas de bus, pas de liaison ferroviaire. C’est un des points sur lesquels il faut réfléchir.
Notre démarche répond d’ailleurs à des attentes qui dépassent Le Vernet. Quelle satisfaction si des mouvements similaires surgissaient dans les communes alentours : pour Venerque, bougeons-nous, pour La Grâce-Dieu, bougeons-nous, pour Muret, bougeons-nous… Vous voyez, je suis une incorrigible rêveuse.

Je termine en disant que les élections municipales de 2014 sont pour la première fois à la proportionnelle. C’est dire que, quelles que soient les listes en présence, elles devront vraisemblablement travailler ensemble. Alors bougeons-nous ensemble.